Christophe Rocancourt

Christophe Rocancourt est un escroc français et affabulateur notoire réputé pour avoir, entre autres, abusé de nombreuses stars.

Un parcours digne des meilleurs romans

Né à Honfleur en 1967, Christophe Rocancourt est issu d’un milieu défavorisé. Rejeté par sa mère prostituée, délaissé par son père, il connaît une enfance malheureuse, ballotté entre orphelinat et familles d’accueil. A 17 ans, il quitte la Normandie pour Paris, où il survit comme il peut en chapardant et en logeant dans le métro ou des foyers d’accueil. Au hasard des rencontres, il se lie d’amitié avec Gérard Siad, qui l’introduit à la bonne société parisienne dont il découvre les codes, les mœurs et le langage, comprenant rapidement comment il pourra en tirer profit. De 1987 à 1991, il est impliqué dans plusieurs escroqueries (chèques sans provision, vente de biens ne lui appartenant pas, fausse monnaie) qui le mènent en prison. Pour échapper à l’une de ces condamnations, il fuit la France pour les Etats-Unis en 1991, où il élit domicile à Los Angeles jusqu’en 1998. Autodidacte, il apprend l’anglais et poursuit sa profession d’escroc avec tant de panache qu’il lui est possible de mener la grande vie et côtoyer le tout-Hollywood.

L’escroc des stars

A Los Angeles, il s’invente de nombreux pseudonymes se faisant tantôt passer pour un boxeur, tantôt pour le neveu d’Oscar de la Renta, un trader, un producteur de cinéma ou encore le fils de Sophia Loren et se fraie ainsi un chemin dans les cercles mondains hollywoodiens où il est introduit par le couturier français Charles Glenn. Il y escroque de nombreuses personnalités comme Pierre Lange, Mickey Rourke, Thomas Langmann, Jermaine Jackson… Le rêve américain à portée de main, il accède au statut de millionnaire : villas, soirées, jet privé, voitures de luxe, courtisanes, tout en commençant à éveiller les soupçons de la police. Après avoir essayé d’escroquer des trafiquants de drogues, il disparaît de Los Angeles devenu trop dangereuse pour lui. On le retrouve à New York au début des années 2000 où il continue brillamment son jeu de dupes en se faisant passer pour un membre de la famille Rockefeller. Il soutire de l’argent à de nombreuses autres personnes, connues ou non, dont Michel Polnareff, de telle sorte que les sommes escroquées sur le sol américain avoisinent un total de 35 millions de dollars.

D’inévitables séjours en prison

Emprisonné à plusieurs reprises en France, Christophe Rocancourt est également condamné au Canada, aux Etats-Unis mais aussi en Suisse, servant en tout une douzaine d’années derrière les barreaux. En 2000, il est enfin sérieusement inquiété par le FBI et Interpol pour ses activités frauduleuses. Il est inculpé et condamné à une peine de cinq ans de prison au Canada pour usurpation d’identité. En 2002, il est extradé afin de purger quelques années de prison aux Etats-Unis, accusé de fraude, vol, contrebande, détention illégale d'arme à feu, parjure, délit de fuite, faux et usage de faux passeport… A sa libération, en octobre 2005, il rentre en France où il se met en couple avec l’actrice Sonia Rolland dont il se sépare en 2008.

Un arnaqueur médiatique à la personnalité énigmatique

Tantôt qualifié de mythomane, de roi du mensonge, de Robin des Bois moderne, de playboy, Christophe Rocancourt fait preuve d’une arrogante habileté à profiter de la crédulité de ses victimes. Toutes se retrouvent dépouillées de leurs biens, bluffées par sa gentillesse, son irrésistible charme naturel, son humour décapant et un aplomb déconcertant, digne des plus grands de ce monde. Imposteur talentueux, doué d’une intelligence froide et machiavélique, calculateur invétéré, il possède un impitoyable double-sens lui permettant de détecter les failles dans lesquelles il peut s’immiscer pour arriver à ses fins, ce qui est d’autant plus surprenant qu’il ne possède aucune éducation. Conscient de la fascination qu’il exerce, le bad boy écrit un livre relatant sa vie, dont s’emparent les médias. Il est reçu comme un héros sur les plateaux de télévision, prétendant avoir tourné la page. Il y déclare s’être assagi suite à la naissance de sa fille Tess, fruit de son union avec Sonia Rolland, avant de défrayer à nouveau la chronique en se retrouvant impliqué dans de nouvelles affaires telles que l’arnaque de Catherine Breillat, à laquelle il soutire 700000 euros sur une période d’un an et demi ou le vol de cocaïne du quai des Orfèvres en 2014. La détermination de cet audacieux escroc n’a sans doute de pair que la jalousie sans bornes dont il est animé, exacerbée par l’insupportable frustration d’être né sans-le-sou et sans la moindre éducation, qu’a attisée sa fréquentation assidue des milieux privilégiés.

Chacun se forgera sa propre opinion sur cet arnaqueur chronique hors pair qui ne manque cependant pas de finesse lorsqu’il affirme sans vergogne que quiconque présente une honnêteté irréprochable ne court aucun risque d'être arnaqué.

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