Les brouteurs

Un brouteur est un arnaqueur abusant de la confiance d'internaute pour lui faire faire des versements d'argent sous diverses formes. Ce type d'arnaqueur est particulièrement présent en Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Bénin, Nigeria, Togo, Ghana).

Historique

Un brouteur interviewé pour l'émission Passeport pour le Crime Les premiers brouteurs, ou plus exactement leurs précurseurs, apparaissent au Nigeria dans les années 80. Ils se font alors une spécialité des arnaques dites 419 (rebaptisées plus tard “arnaques nigérianes”) : elles consistent à envoyer des courriers faisant croire à des gains intéressants pour lesquels quelques frais doivent êtes payés par leurs victimes. Dès la fin des années 90, les emails commencent à remplacer les courriers et le phénomène explose littéralement dans les années 2000 grâce au faible coût et à la vitesse des emails.

La population des brouteurs grandit alors rapidement dans l'Afrique de l'Ouest francophone et particulièrement à Abidjan en Côte d'Ivoire où l'usage du terme “brouteur” (comme sont appelés là bas les moutons) et du folklore qui l'entoure se développent. Les brouteurs deviennent là bas de véritables stars de quartier, n'hésitant pas à afficher un train de vie clinquant et à se vanter publiquement de leur activité de “pigeonnage”. En distribuant une partie de leur argent, ils obtiennent même parfois une protection de la population locale vis-à-vis des services de police.

Mode opératoire

Les brouteurs agissent aujourd'hui principalement par email sur les types d'arnaques suivant :

Ils sont aussi très présents sur les sites de rencontre, les réseaux sociaux et sur Skype où ils réalisent :

  • des arnaques sentimentales
  • des chantages sexuels

Ces arnaques ont en commun de reposer essentiellement sur la psychologie et très peu sur la technique informatique. Les brouteurs utilisent peu d'outils automatisés pour leurs arnaques et sont prêts à passer un temps important avec une victime pour l'exploiter au mieux.

Comment reconnaître un brouteur ?

Les brouteurs peuvent généralement être identifiés dès le départ grâce à un ou plusieurs signes parmi les suivants :

  • les adresses email utilisées sont en @gmail.com, @outlook.com, @outlook.fr, @hotmail.com, @live.com
  • les messages envoyés sont assez longs et comportent de nombreux détails pour crédibiliser leur démarche
  • on trouve plusieurs fautes d'orthographe et des expressions assez inhabituelles dans un email
  • il y est fait référence à Dieu, à la respectabilité
  • les photos qu'ils utilisent (pour un produit, pour leur profil sur un réseau social) peuvent être retrouvées via une recherche par image dans un moteur de recherche

Une fois leur victime “accrochée”, les brouteurs utilisent souvent les stratégies suivantes :

  • la demande d'argent pour couvrir des frais dont il n'était pas question au départ ou à cause d'un problème inattendu
  • ils tenteront d'éviter toute conversation orale (en prétextant des problèmes de téléphone, de webcam ou autre)… sauf dans le cas où ils fournissent un numéro surtaxé à appeler
  • l'utilisation de moyens de paiement anonymes et irréversibles : coupon PCS, Western Union, MoneyGram
  • l'intervention soudaine d'organismes ou de personnes soit disant “officielles” (avocat, policier, Paypal, société de recouvrement, etc.) utilisant étrangement des adresses en @gmail.com, @outlook.com, @outlook.fr, @hotmail.com, @live.com (fait anormal pour de telles personnes ou organismes)

Que faire face à un brouteur ?

Les brouteurs se connectent généralement à l'étranger (en dehors de l'Union Européenne) dans des cybercafés, ce qui les rend difficilement identifiables par les autorités européennes. Les brouteurs utilisant des moyens de paiement irréversibles, rien ne peut être fait une fois les fonds versés. La seule chose à faire est donc de stopper les communications au plus vite puis de :

Voir aussi