Arnaque Nigériane

L'arnaque nigériane ou arnaque 419 ou encore arnaque africaine est la dénomination d'un ensemble d'arnaques par avance de frais très pratiquées en Afrique de l'Ouest.

Historique

Les arnaques dites nigérianes sont en réalité apparues dès le 16ème siècle en Espagne avec l'arnaque de la “prisonnière espagnole”. Il s'agissait alors d'envoyer une lettre à une personnage fortuné expliquant qu'une jeune noble espagnole était détenue prisonnière. On promettait au destinataire de la lettre qu'en payant la rançon, la dame serait libérée et viendrait l'épouser.

Ce type d'arnaque connut un regain de popularité au 19ème siècle à la suite des désordres nés de la Révolution. Vidocq rendit alors célèbres ce qu'on appela les “lettres de Jerusalem” dans son livre “les Voleurs”.

Les arnaques nigérianes à proprement parler débute dans les années 1980 avec des lettres où il est question de faire sortir des sommes importantes du Nigeria avec l'aide de la victime. Elles se développent particulièrement à partir de la fin des années 90 grâce à l'utilisation massive d'emails, plus rapides et moins coûteux que les courriers. Elles prennent alors le nom d'“arnaque 419” du fait de l'article de loi nigérian ciblant ce type de délit.

Dans les années 2000, les arnaques nigérianes sont pratiquées dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, mais aussi en Asie, en Europe de l'est et de manière plus minoritaire dans d'autres pays du monde.

Mise en oeuvre

Une arnaque nigériane classique se déroule en 3 temps : envoi d'un message, échanges avec la victime, récupération de l'argent. Certaines arnaques de loterie, sentimentales, de petites annonces, ou d'emploi sont parfois considérées comme des arnaques nigérianes mais nous ne les traiterons pas ici.

Les messages

Les messages de cette arnaque sont toujours non sollicités, il en existe de très nombreuses variantes. Mais ils comportent en général une ou plusieurs caractéristiques suivantes :

  • une somme d'argent très importante est en jeu (plus de 100 000 euros)
  • pour diverses raisons, la victime doit intervenir pour aider au transfert
  • une forte commission est promise à la victime pour son aide
  • ils sont assez longs pour détailler l'histoire que la victime va croire
  • il est question d'hommes d'affaires ou d'état particulièrement riches
  • il y a une notion d'urgence
  • l'opération a un caractère confidentiel

Les prétextes avancés peuvent être :

  • des fonds à transférer à l'étranger
  • un héritage bloqué nécessitant une intervention extérieure
  • des problèmes de conversion monétaires
  • le besoin de payer de faibles frais momentanément impossibles à payer pour l'envoyeur
  • le besoin d'un intermédiaire pour verser de l'argent discrètement à un tiers
  • des raisons plus ou moins loufoques, comme un astronaute africain bloqué dans l'espace !

Les échanges avec la victime

Ces échanges visent dans un premier temps à rassurer la victime en lui donnant des éléments supposés prouver la réalité du problèmes : lettres officielles, pièces d'identité, copies de documents bancaires, voire même chèques. Ces documents sont soit volés soit contrefaits.

Lorsque la cible de l'arnaque semble “mûre”, il devient question de frais imprévus à payer et/ou de document à fournir.

La récupération de l'argent

L'argent peut être perçue par les escrocs par 2 moyens :

  • le paiement de “frais” fictifs par la victime
  • le vol d'argent sur le compte de la victime via la récupération de données bancaires

Dans le premier cas, les paiements sont en général demandés sous une forme anonyme et irréversible : Western Union, MoneyGram, codes PCS.

Suite de l'arnaque

Une fois que la victime a payé, les arnaqueurs continuent souvent à essayer d'obtenir de l'argent supplémentaire. Il peut s'agir de nouveaux frais (qui sont supposés à chaque fois être les derniers) ou alors en proposant à la victime de récupérer son argent perdu via une arnaque interpol.